Mois après mois, l’Assemblée nationale se penche sur les dégâts, sur la santé et sur l’environnement, de molécules dont l’usage s’est imposé sous la pression d’intérêts économiques.
Parfois, on ne savait pas et on découvre, des décennies plus tard, que l’eau n’est plus potable, que les sols sont empoisonnés, que l’air est chargé de particules toxiques.
Mais le plus souvent, on savait. Et on a décidé sciemment de ne rien faire, de ridiculiser les lanceurs d’alerte – scientifiques, syndicalistes, écologistes - pour faire du profit, par mépris des victimes, par habitude… PFAS, pesticides, engrais…
Ce mardi, un mardi ordinaire, nous votons – 33 ans après son interdiction - pour « reconnaître la responsabilité de l’Etat et indemniser les victimes du chlordécone. » C’est mieux que rien, même si ça ne règle rien localement. « C’est que le scandale du chlordécone n’est pas un scandale du passé, mais un scandale qui continue jour après jour à produire ses effets » comme l’a dit Steevy Gustave, chef de file et orateur de notre groupe sur le sujet. Quelques heures plus tard, les députés ont voté à l’unanimité un texte destiné à « l’accompagnement des parents d’enfants atteints de cancers » sans jamais évoquer les causes de l’explosion du nombre de cancers pédiatriques ! Trop facile…
Allons-nous apprendre de nos erreurs passées ? Empêcher la réintroduction de l’acétamipride, à laquelle se prépare le sénateur Duplomb ? Adopter la proposition de loi portée par Benoît Biteau et Clémentine Autain, au nom du groupe Ecologiste et Social, qui réduit fortement l’exposition au cadmium de la population française ?
Le cadmium est cancérigène, chez l’enfant comme chez l’adulte, reprotoxique et cytotoxique. Il est impliqué dans l’explosion des cas de cancer du pancréas, l’un des plus meurtriers. C’est un métal lourd, naturellement présent dans certains sols, en Amérique centrale par exemple. Dans bien d’autres cas, comme dans notre pays, ce sont les apports en engrais phosphatés ou les épandages de boues d’épuration qui expliquent les taux extravagants de cadmium qu’on retrouve dans le sol, les plantes, les aliments ou l’eau. Problème supplémentaire : il est très persistant dans le sol !
On le retrouve dans bien des aliments : pommes de terre, pâtes, céréales du petit déjeuner, pain, champignons, chocolat, fruits de mer… Et aussi dans le tabac.
Un rassemblement – auquel les Ecologistes se sont associés, s’est tenu ce mardi soir devant l’Assemblée, à l’initiative de Camille Etienne, pour exiger l’interdiction des engrais trop riches en cadmium et l’adoption d’une trajectoire permettant de respecter le taux cible de 20 mg/kg de P205 au plus tard en en 2030, comme le demande l’ANSES.