Depuis hier, les messages se succèdent sur l’écran de mon téléphone, parfois argumentés, parfois réduits à des injonctions lapidaires « J’ai voté pour vous et je vous demande de voter la censure ! J’ai voté pour vous et je vous conjure de ne pas voter la censure ! ».
Consciente de ne pouvoir plaire à tout le monde, de m’exposer quel que soit mon vote à des critiques sévères - de « vous êtes à la remorque de LFI » à « vous vous êtes alignée sur la position du PS » - voire à quelques menaces (qui n’ont pas tardé, je vous assure), j’ai beaucoup écouté, consulté, réfléchi depuis la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, nommé puis renommé à la tête du Gouvernement dans des conditions rocambolesques et choquantes.
Au fond, c’est à partir de quelques réflexions simples que j’ai pris ma décision, en conscience et en dépit des pressions plus ou moins amicales : était-il sérieusement permis d’espérer une assemblée plus à gauche – et un meilleur budget - après une nouvelle dissolution, quand tout laisse à penser que les citoyens, épuisés, écœurés et en colère s’apprêtent, soit à rester à la maison, soit à amplifier leur vote pour l’extrême droite ? Pouvons-nous nous raconter que la gauche disposerait de la marge de manœuvre que tous nos militants espèrent quand tout montre que, depuis plusieurs mois déjà, les digues ont cédé entre la droite et l’extrême droite ?
Que les choses soient claires : le projet de budget tel qu’il a été déposé sur le bureau de l’Assemblée ne me convient pas. Pas de taxe Zucman mais un timide encadrement des holding familiales. Pas de remise en cause des aides publiques massives – 211 milliards quand même – attribuées sans aucune contrepartie aux entreprises. Gel des retraites et des prestations sociales, amputation du budget du travail, du logement, des solidarités, de la transition écologique… Et aussi poursuite de l’érosion des ressources des collectivités locales, avec un impact désastreux sur les associations, les transports du quotidien, l’aide sociale à l’enfance ou l’accompagnement des personnes âgées…
J’ai entendu l’engagement du Premier ministre de laisser débattre le Parlement et de ne pas utiliser le 49.3. Comment le budget sera-t-il voté et par qui ? Personne ne le sait. Les délais sont contraints, la marge de manœuvre limitée…
Il s’agit de nous battre désormais pour améliorer la copie du gouvernement. Si le budget n’est pas votable, nous ne le voterons pas. S’il faut censurer, nous le ferons. Mais nous aurons tout tenté.
Unis, nous ne sommes pas sûrs de gagner ces batailles. Désunis, cédant à la tentation des noms d’oiseau et des caricatures, nous sommes sûrs de les perdre. A mes yeux, l’union reste un atout. Ne le gâchons pas !
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