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Les docteurs juniors, des médecins comme les autres

Quand j’ai terminé mes études de médecine, j’ai fait pas mal de remplacements, en médecine générale à Besançon, à Pontarlier, à Morez, puis, plus tard, au Samu et en réanimation… J’ai eu un peu de mal à me faire au « paiement à l’acte » et au fait que des personnes bien plus âgées que moi me demandent conseil sur des aspects intimes de leur vie. Mais pour tous.tes, j’étais la remplaçante du médecin auquel ils faisaient confiance et qui m’avait choisie pour assurer cette mission. Et j’ai continué à m’intéresser au fil des années aux conditions dans lesquelles on forme les jeunes professionnels de santé, sans lesquels bien des services seraient en grande difficulté.

L’ARS vient d’annoncer l’arrivée imminente de 51 « docteurs juniors » en Franche-Comté, en Haute-Saône et dans le Jura essentiellement, où des territoires étendus sont des déserts médicaux. Ils seront 11 dans le Doubs. Je m’en réjouis évidemment et leur souhaite de s’épanouir, dans leur vie personnelle comme dans leur exercice professionnel, dans un département qui les accueillera bien. 

Mais je ne peux pas m’empêcher d’être un peu mal à l’aise…

Avec le terme qui a été choisi pour les qualifier, tout d’abord : « Docteur junior », un titre dégradant, qui donne l’impression qu’ils ne sont pas de vrais médecins, et « ridicule » selon le syndicat Jeunes médecins, Or, ils sont tous.tes docteurs en médecine et dans la toute dernière phase de leur diplôme de spécialité.

Pourquoi ce titre condescendant et dépréciatif, si ce n’est pour justifier que ces jeunes médecins soient rémunérés comme des étudiants stagiaires et non comme des professionnels compétents ? Les « maîtres de stage » qui « superviseront » les docteurs junior, parfois à distance (sic), recevront d’ailleurs une indemnité mensuelle – qui s’ajoute au produit de leur propre activité médicale - supérieure à celle des jeunes médecins, qui n’auront, eux, pas d’autre ressource…

Ce sont de vrais médecins. Pourquoi n’ont-ils pas droit à une vraie reconnaissance de leurs compétences et de leur engagement ?

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